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Les infomédiaires : un modèle économique précaire Alladvantage, site qui rémunère les internautes en l'échange de la visualisation de publicités personnalisées, creuse ses pertes et peine à faire décoller son chiffre d'affaires. Est-ce le début de la fin pour les infomédiaires? Avec des pertes nettes de 66,6 millions de dollars pour un chiffre d'affaires de 9,1 millions de dollars pour le premier trimestre 2000, l'infomédiaire américain Alladvantage a finalement retiré sa demande d'introduction en Bourse auprès de la SEC (Stock Exchange Commission), l'équivalent aux Etats-Unis de la COB. Presque par euphémisme, Alexandre Golevitch, directeur de la communication, invoque « l'état des marchés financiers peu favorable à notre entrée en Bourse ». La société qui rémunère les internautes en échange de la visualisation de bannières publicitaires sur sa viewbar s'échine à faire valoir son modèle économique. Et de justifier les dépenses : 6 millions de dollars consacrés au développement du produit, 27,9 millions de dollars pour le marketing et la vente. Ces dépenses correspondent « à un investissement sur l'avenir », insiste Alexandre Golevitch. La rémunération des internautes aurait quant à elle généré 32,7 millions de dollars de pertes. 100 000 membres français pour Alladvantage Créée en mars 1999, la société emploie cinq cent quatre-vingt-sept personnes. En février 2000, elle a réalisé un tour de table qui se voulait pré-IPO, récoltant 100 millions de dollars auprès notamment de Softbank (70 millions de dollars), Times Mirror, Partech, Technology Partners, Rowe. Une première levée de fonds en octobre 1999 lui avait permis de récolter 31 millions de dollars. Alladvantage assure qu'elle disposait de 85,3 millions de dollars en cash au 31 mars 2000. Mais impossible d'obtenir des chiffres plus récents, la société regrettant « de ne pas pouvoir communiquer sur la situation actuelle car [elle] est encore sous la coupe de la SEC ». Sur les 6,1 millions de membres inscrits, Alladvantage en dénombre 1,7 million d'actifs. Ceux-ci perçoivent 3 francs par heure de connexion et 60 centimes de l'heure pour chacun des filleuls recrutés, puis 30 centimes pour les filleuls indirects (sur quatre niveaux de filiation). La filiale française, qui revendique quatre-vingts campagnes publicitaires en France pour soixante annonceurs, considère le tracking comme un atout vis-à-vis de ses clients. Par exemple, si l'internaute visite un site de sport, il recevra de la publicité concernant ce secteur. En revanche, s'il ne souhaite pas que la viewbar enregistre certaines de ses visites, il lui suffit de quitter le programme. La présence partout en Europe de la société représente aussi un argument de vente auprès des annonceurs, assure Bruno Schneider, DG de Alladvantage France. Le site recense notamment plus de 200 000 membres au Royaume-Uni, et 140 000 en Allemagne. Alladvantage ne constate pas de « mur culturel » concernant ce procédé de marketing personnalisé : « Le développement est seulement plus rapide dans certains pays comme la Turquie. » Pour Bruno Schneider, « l'objectif est de grandir le plus vite possible ». Pour ce faire, et sans doute afin de ne pas accroître les pertes, le responsable français affirme « avoir beaucoup confiance en une politique de marketing viral ». Avec 100 000 membres français au 31 mai 2000, Alladvantage.fr, lancé le 24 décembre 1999, se positionne en deuxième place sur le marché français, talonné de près par Winbe.com qui, mis en ligne depuis mars dernier, approcherait les 100 000 membres. Revendiquant 185 000 membres, Mediabarre, créé début décembre 1999, fait donc figure de leader dans l'Hexagone. 5 centimes par bannière affichée : le modèle Mediabarre Mediabarre a choisi un modèle de rémunération différent d'Alladvantage et de Winbe, en payant ses membres en fonction du nombre de bannières publicitaires vues, à raison de 5 centimes par bannière. Un système de parrainage sur cinq niveaux permet aussi à l'internaute d'augmenter ses gains. La publicité est ciblée en fonction des réponses au questionnaire rempli lors de l'inscription, et non pas selon les sites visités. « Nous ne faisons pas de tracking de l'internaute », assure-t-on chez Mediabarre. Au deuxième trimestre 2000, Mediabarre a versé six cents chèques pour des montants compris entre 100 et 3 300 francs, soit une dépense totale de 110 000 francs. Sur la même période, la société aurait réalisé 50 000 francs de chiffre d'affaires. Elle prépare un tour de table de 15 à 20 millions de francs pour la fin de l'année. Au vu des déboires de Alladvantage, Sophie Bédé, directrice de la communication, tient à préciser : « Nous ne lançons la publicité que si nous pouvons payer l'internaute. » Deuxième tour de table pour Winbe Une précision que son homologue chez Winbe s'empresse également d'effectuer : « Nous rémunérons un nombre d'inscrits en fonction des revenus publicitaires. » En d'autres termes, en l'absence de cash, les inscrits doivent patienter avant d'obtenir les avantages des abonnés. Ce système a, selon Winbe, le mérite de ne générer aucune perte. Forte d'une première levée de fonds de 9 millions de francs depuis mars 2000, Winbe aurait réalisé 4 millions de francs de chiffre d'affaires et prépare un deuxième tour de table dont le montant reste confidentiel. Le nombre de chèques émis reste également non communiqué, tout juste sait on que le montant d'un chèque peut varier de 135 à 998 francs. Les internautes sont rémunérés 3 francs pour dix heures d'utilisation. Les rémunérations sont effectuées en euros, tandis qu'Alladvantage s'attache à payer en monnaie locale.
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