Augmentez Automatiquement votre trafic visiteurs avec AutoTraffic.net

des sous !!! Net@Scope Mars 2000
Dossier :// Le surf rémunéré

Quel internaute ne signerait pas dans la seconde pour être payé alors qu'il surfe sur Internet ? Depuis plusieurs mois, les sites qui rémunèrent pullulent sur le Net. Bandeaux publicitaires, e-mails payants, sondages, tout est bon pour distribuer les bénéfices de la publicité en ligne. Pourtant, les sommes acquittées ne sont pas si faramineuses.

Les bandeaux pub

Une trentaine de sites se proposent de rémunérer les internautes du monde entier via l'ajout de bannières publicitaires sur leurs explorateurs, mais pour les français, seulement une dizaine de ces services est opérationnelle.

Le principe est toujours le même: vous devez télécharger un logiciel qui installe un bandeau publicitaire sur votre écran. Vous êtes ensuite payé à la minute tant que celui-ci reste affiché et que vous laisser les publicités défiler. Dans certains cas, comme chez paidzone.com, il vous faudra même cliquer sur les publicités pour pouvoir prétendre toucher au gain. Celui-ci s'étale généralement de 2 à 5 francs de l'heure. Certains services limitent aussi la durée mensuelle d'affichage de leur bandeau. C'est intéressant mais pas le Pérou non plus ! L'un des précurseurs, c'est Alladvantage. Américain, ce site propose une méthode qui vous rémunère 50 cents de l'heure (environ 3,20 francs), pour un maximum de 40 heures de surf chaque mois (soit 20 dollars ou 128 francs) l'internaute doit simplement au préalable s'inscrire et donner ses coordonnées pour pouvoir ensuite recevoir son chèque mensuel, L'abonné reste cependant libre de fermer la "barre" (publicitaire) mais il n'est alors plus payé. Alladvantage a déjà attiré près de 5 millions de membres et les Français peuvent désormais l'essayer. Ce service a mis en place un système d'inscription pyramidal plutôt alléchant : un membre existant peut "recommander" Alladvantage à d'autre internautes et être ainsi rémunéré 10 cents l'heure de connexion passée par les membres qu'il aura recrutés. La cagnotte générée peut donc très rapidement devenir intéressante, si toutefois le "parrain" convainc suffisamment d' "amis" à entrer dans son réseau. Le mythe du paiement tout en surfant ne doit pas voiler l'aspect tendancieux des méthodes utilisées. En effet l'ensemble de ces sites américains s'inspire d'un système pyramidal multi-niveaux, de parrainage, réprimandé en France (voir encadré). Enfin, il ne faut pas oublier que les banques prennent une commission sur les chèques en dollars et qu'au final vous toucherez donc moins de prévu.

Mediabarre dans la tourmente

La majorité de ces sites est donc américaine, mais comme tout ce qui vient de chez l'oncle Sam arrive un jour chez nous, des sociétés françaises viennent de se lancer dans ce business.

Mediabarre a ainsi démarré en février son activité mais a vite dû subir un premier revers. La société a été contrainte d'interrompre ses activités suite à un litige qui l'a opposée à son premier hébergeur, Digiweb France, leur système apparaissant comme non conforme à l'éthique de ce dernier. Au centre de la polémique se trouve donc le système de parrainage mis en place et les conséquences qu'il peut entraîner. Selon les conditions établies par Mediabarre, un internaute ayant adhéré au concept peut jouer le rôle de parrain auprès d'autres surfeurs et ainsi toucher une commission sur la rémunération du ou des nouveaux venus. Grâce à cela, Mediabarre compte déjà plus de 70.000 membres. L'un des soucis de la société vient du fait que des fournisseurs d'accès, dont Free, ont interdit l'accès du site à leurs abonnés. Mediabarre rétorque que le parrainage permet de recevoir une quote-part de ce que les filleuls comptabilisent, mais qu'eux-mêmes ne reversent rien sur leurs gains.

http://www.alladvantage.com
http://www.cashsurfers.com
http://www.getpaid4.com
http://www.mediabarre.com
http://www.spedia.net

Une porte ouverte vers le Spam

Qui sont les chanceux qui n'ont pas encore reçu d'e-mails vantant le surf rémunéré ? Le message, non sollicité, considéré donc comme su Spam, a un ton sympathique. Son auteur veut nous faire partager sa grande trouvaille qui lui a permis quasiment d'arrêter de travailler ! Généreux, il va même nous proposer un lien qui nous permettra de profiter de son filon. Quoi ? Le lien qu message se termine pas un long numéro ? Ah oui, il faut préciser qu'en cliquant sur le lien, nous serons aussi considéré comme la vache à lait, pardon, le filleul, du spammeur.

Ces messages non sollicités encombrent aujourd'hui nos boites aux lettres, mais aussi les news-groups. Nous ne pouvons plus passer à côté du surf rémunéré. Du côté de Médiabarre, on annonce sur leur site que les spammers, une fois dénoncé, seront immédiatement radiés...en théorie. Car il en est tout autre chose, comme nous avons pu le découvrir.

Les mails gratifiés

Une autre méthode peut vous assurer des revenus en vous connectant, il s'agit de recevoir ou d'envoyer des mails rémunérés. Ainsi, The Mail fonctionne comme une boite aux lettres classique mais vous rétribue pour envoyer mais également recevoir des e-mails avec leurs services. Ici, le système de parrainage s'étale carrément sur 16 niveaux, un record 1 Autre site du même acabit, Allcommunity offre lui 0.03$ (20 centimes) par email reçu, et encore, vous n'êtes même pas obligé de les lire. Dans ce cas, trois niveaux de parrainage sont possibles.

Les mails qui payent:
http://www.themail.com
http://www.allcommunity.com

Autres possibilités de rémunération

Mais ce qui est encore plus lucratif, et une fois de plus 100% américain, c'est de répondre à des sondages de consommation. Des sociétés vous payent pour y répondre de chez vous, environ 5$ par sondage (cela ne prend que quelques minutes) avec, impossible d'y échapper, un niveau de parrainage. L'une de ces compagnies, Onesight, se veut "une compagnie sans risque pour gagner de l'argent facilement". Lors de son inscription, le futur abonné remplit une fiche qui définit son profil. Le système fonctionne tellement bien que d'autres sites proposant des panels de consommation suivent.

Ainsi Targetshop,com vous paye pour remplir un formulaire d'enregistrement et touchez aussitôt 40$. Là encore vous gagnerez plus d'argent si d'autres personnes viennent s'inscrire grâce à vous. Vous pourrez ensuite engranger jusqu'à 1000 dollars maximum dixit certains gros parrains. Dans un autre genre, Multikredits.com paye ses abonnés s'ils lisent des publicités, visitent certains sites, achètent en ligne, etc. Voilà tout un tas de services rémunérants, mais dont le sérieux reste à démontrer...

http://www.multikredits.com
http://www.onesight.com
htto://www.targetshop.com

Bonjour Ciao

De son côté, Epinions.com propose simplement de rémunérer l'internaute qui donne son avis sur des produits de consommation Évidemment il gagne encore plus d'argent s fait venir d'autres internautes, mais également dès que sa critique du produit est lue par un visiteur. Le site connaît déjà un succès retentissant outre-Atlantique. En France Ciao (comprendre Consumer Intelligence Aggregation Organisation), nouveau venu sur le web, adopte le même système. Il propose des critiques de produits rédigées par des internautes rémunérés, appelés aussi "amis actifs". L'Internaute peut comparer et évaluer les avis donnés pour se faire une opinion sur un produit. Le concept se répend de plus en plus. Les rubriques de Ciao touchent pour l'instant les secteurs auto-moto, Informatique, services en ligne, voyages, jeux, écoles et universités, loisirs et médias, électronique et photos. La rémunération est fixée à 10 francs comme cadeau de bienvenue, 5 francs par avis et 10 centimes à chaque lecture de critique par un visiteur. Le parrain reçoit 10% du montant crédité sur le compte de son filleul.

http://www.allpaidfor.com
http://www.ciao.fr
http://www.imandi.com
http://targetshop.com

Le surf rémunéré repose-t-il sur un système pyramidal ?
On s'interroge...

La methode utilisée pour attirer le maximum d'abonés à Médiabarre est basée sur un système de parrainage. Chaque parrain peut recruter des filleuls qui eux-mêmes pourront devenir à leur tour parrains, ainsi de suite sur 4 générations. Les parrains perçoivent alors une rémunération décroissante sur chacune des générations de filleuls qu'ils ont engendrés.

A y regarder de près, ce système de réunération et de recrutement de membres ressemble étrangement à un système pyramidal, appelé "prestation à la boule de neige" qui est illégal en France. Du point de vue de la loi, l'article L.122-6 du Code de la Consommation interdit de proposer des gains financiers en fonction d'une progression géométrique du nombre de personnes recrutées. Les réseaux pyramidaux ont été interdits pour protéger leurs adhérents qui, le plus souvent, devaient de surcroit investir une mise de fond pour intégrer le réseau.

Dans le cas de Médiabarre l'inscription est gratuite, ce qui disculpe cette société d'exploiter de façon ilélgale leur réseau d'abonnés. Néanmoins, pour que les adhérents à Médiabarre puissent gagner de l'argent par la publicité, ils faut qu'ils se connectent, donc qu'ils dépensent de l'argent en communication. Ipso facto, il y a bien dépense, donc mise de fond pour aspirer à recevoir une rémunération, dont une commission sera réservée aux parrains. Heureusement, Médiabarre ne fait pas croire à ses abonnés qu'ils vont faire fortune. La société souhaite avant tout que ses abonnés remboursent leurs frais téléphoniques, ce qui est tout à leur honneur. Les parrains, eux, par contre, n'hésitent pas à faire miroiter des sommes considérables, schémas de pyramides à l'appui... A un point tel que des plaintes ont été déposées à la Direction de la Répression des Fraudes.

Il est à noter que l'ensemble de ces compagnies condamne bien évidemment le spam, cette fameuse tendance à Inonder les boites aux lettres d'inconnus dans le seul but qu'ils deviennent un jour des filleuls. La faible rémunération proposée ne peut logiquement concerner que les jeunes internautes que l'appât du gain attire. La perversité du système ne doit pas faire oublier qu'en amont les factures de téléphones sont, elles, bien réelles. Devant l'intérêt financier que suscitent ces offres, des "passionnés" ont conçu des sites de propagande avec comparatifs et toutes les nouvelles offres du marché. Il n'est pas rare d'y lire des slogans comme "si chacun référence seulement 5 personnes, qui elles même référencent 5 personnes etc, vous n'avez même plus besoin de travailler et plus vous avez d'amis, plus vous devenez riche ". Ce discours est à rapprocher des sociétés comme Herbalife ou Le Groupement, qui vantaient les systèmes pyramidaux avant de connaitre de sérieux revers judiciaires. En fin de compte, le surf rémunéré c'est beaucoup de tracasserie pour pas grand chose, et ça ressemble surtout au miroir aux alouettes. Le principe est parfait, mals la méthode laisse encore à désirer. A réserver pour le moment à ceux qui ont du temps à perdre, ou qui cherchent l'Eldorado.

Les enfants surfent, les parents trinquent

Fait inquiétant, les sites que nous avons visités ventant les mérites du surf rémunéré sont dans leur grande majorité créés par de jeunes particuliers. Cette methode pour gagner de l'argent est "révoluionnaire, simple, et sans pièges". Mais, jamais aucun d'entre eux ne fait référence au coût des communications, directement liés aux rémunérations perçues par les bannières de publicités vues. Alors, certes, les jeunes internautes gagnent quelques francs de l'heure, mais les parent, eux, reçoivent une facture de téléphone salée ! On se souviendra de l'ère de gloire du minitel où bon nombre de parents ont du payer avec stupeur des factures de téléphones pharaoniques parce que leur progéniture s'était amusée aux jeux concours du 3615.


Par David Bénart et Charles Dateau