Les
bandeaux pub
Une trentaine de sites se proposent de rémunérer
les internautes du monde entier via l'ajout de bannières publicitaires
sur leurs explorateurs, mais pour les français, seulement une dizaine
de ces services est opérationnelle.
Le principe est toujours le même: vous devez
télécharger un logiciel qui installe un bandeau publicitaire sur
votre écran. Vous êtes ensuite payé à la minute tant que celui-ci
reste affiché et que vous laisser les publicités défiler. Dans certains
cas, comme chez paidzone.com, il vous faudra même cliquer sur les
publicités pour pouvoir prétendre toucher au gain. Celui-ci s'étale
généralement de 2 à 5 francs de l'heure. Certains services limitent
aussi la durée mensuelle d'affichage de leur bandeau. C'est intéressant
mais pas le Pérou non plus ! L'un des précurseurs, c'est Alladvantage.
Américain, ce site propose une méthode qui vous rémunère 50 cents
de l'heure (environ 3,20 francs), pour un maximum de 40 heures de
surf chaque mois (soit 20 dollars ou 128 francs) l'internaute doit
simplement au préalable s'inscrire et donner ses coordonnées pour
pouvoir ensuite recevoir son chèque mensuel, L'abonné reste cependant
libre de fermer la "barre" (publicitaire) mais il n'est alors plus
payé. Alladvantage a déjà attiré près de 5 millions de membres et
les Français peuvent désormais l'essayer. Ce service a mis en place
un système d'inscription pyramidal plutôt alléchant : un membre
existant peut "recommander" Alladvantage à d'autre internautes et
être ainsi rémunéré 10 cents l'heure de connexion passée par les
membres qu'il aura recrutés. La cagnotte générée peut donc très
rapidement devenir intéressante, si toutefois le "parrain" convainc
suffisamment d' "amis" à entrer dans son réseau. Le mythe du paiement
tout en surfant ne doit pas voiler l'aspect tendancieux des méthodes
utilisées. En effet l'ensemble de ces sites américains s'inspire
d'un système pyramidal multi-niveaux, de parrainage, réprimandé
en France (voir encadré). Enfin, il ne faut pas oublier que les
banques prennent une commission sur les chèques en dollars et qu'au
final vous toucherez donc moins de prévu.
Mediabarre
dans la tourmente
La majorité de ces sites est donc américaine,
mais comme tout ce qui vient de chez l'oncle Sam arrive un jour
chez nous, des sociétés françaises viennent de se lancer dans ce
business.
Mediabarre a ainsi démarré en février son
activité mais a vite dû subir un premier revers. La société a été
contrainte d'interrompre ses activités suite à un litige qui l'a
opposée à son premier hébergeur, Digiweb France, leur système apparaissant
comme non conforme à l'éthique de ce dernier. Au centre de la polémique
se trouve donc le système de parrainage mis en place et les conséquences
qu'il peut entraîner. Selon les conditions établies par Mediabarre,
un internaute ayant adhéré au concept peut jouer le rôle de parrain
auprès d'autres surfeurs et ainsi toucher une commission sur la
rémunération du ou des nouveaux venus. Grâce à cela, Mediabarre
compte déjà plus de 70.000 membres. L'un des soucis de la société
vient du fait que des fournisseurs d'accès, dont Free, ont interdit
l'accès du site à leurs abonnés. Mediabarre rétorque que le parrainage
permet de recevoir une quote-part de ce que les filleuls comptabilisent,
mais qu'eux-mêmes ne reversent rien sur leurs gains.
http://www.alladvantage.com
http://www.cashsurfers.com
http://www.getpaid4.com
http://www.mediabarre.com
http://www.spedia.net
| Une porte ouverte vers le Spam
Qui sont les chanceux qui n'ont pas
encore reçu d'e-mails vantant le surf rémunéré ? Le message,
non sollicité, considéré donc comme su Spam, a un ton sympathique.
Son auteur veut nous faire partager sa grande trouvaille qui
lui a permis quasiment d'arrêter de travailler ! Généreux,
il va même nous proposer un lien qui nous permettra de profiter
de son filon. Quoi ? Le lien qu message se termine pas un
long numéro ? Ah oui, il faut préciser qu'en cliquant sur
le lien, nous serons aussi considéré comme la vache à lait,
pardon, le filleul, du spammeur.
Ces messages non sollicités encombrent
aujourd'hui nos boites aux lettres, mais aussi les news-groups.
Nous ne pouvons plus passer à côté du surf rémunéré. Du côté
de Médiabarre, on annonce sur leur site que les spammers,
une fois dénoncé, seront immédiatement radiés...en théorie.
Car il en est tout autre chose, comme nous avons pu le découvrir.
|
Les mails gratifiés
Une autre méthode peut vous assurer des revenus
en vous connectant, il s'agit de recevoir ou d'envoyer des mails
rémunérés. Ainsi, The Mail fonctionne comme une boite aux lettres
classique mais vous rétribue pour envoyer mais également recevoir
des e-mails avec leurs services. Ici, le système de parrainage s'étale
carrément sur 16 niveaux, un record 1 Autre site du même acabit,
Allcommunity offre lui 0.03$ (20 centimes) par email reçu, et encore,
vous n'êtes même pas obligé de les lire. Dans ce cas, trois niveaux
de parrainage sont possibles.
Les mails qui payent:
http://www.themail.com
http://www.allcommunity.com
Autres
possibilités de rémunération
Mais ce qui est encore plus lucratif, et une fois
de plus 100% américain, c'est de répondre à des sondages de consommation.
Des sociétés vous payent pour y répondre de chez vous, environ 5$
par sondage (cela ne prend que quelques minutes) avec, impossible
d'y échapper, un niveau de parrainage. L'une de ces compagnies,
Onesight, se veut "une compagnie sans risque pour gagner de l'argent
facilement". Lors de son inscription, le futur abonné remplit une
fiche qui définit son profil. Le système fonctionne tellement bien
que d'autres sites proposant des panels de consommation suivent.
|
Ainsi Targetshop,com vous paye pour remplir
un formulaire d'enregistrement et touchez aussitôt 40$. Là encore
vous gagnerez plus d'argent si d'autres personnes viennent s'inscrire
grâce à vous. Vous pourrez ensuite engranger jusqu'à 1000 dollars
maximum dixit certains gros parrains. Dans un autre genre, Multikredits.com
paye ses abonnés s'ils lisent des publicités, visitent certains
sites, achètent en ligne, etc. Voilà tout un tas de services rémunérants,
mais dont le sérieux reste à démontrer...
http://www.multikredits.com
http://www.onesight.com
htto://www.targetshop.com
Bonjour
Ciao
De son côté, Epinions.com propose simplement
de rémunérer l'internaute qui donne son avis sur des produits de
consommation Évidemment il gagne encore plus d'argent s fait venir
d'autres internautes, mais également dès que sa critique du produit
est lue par un visiteur. Le site connaît déjà un succès retentissant
outre-Atlantique. En France Ciao (comprendre Consumer Intelligence
Aggregation Organisation), nouveau venu sur le web, adopte le même
système. Il propose des critiques de produits rédigées par des internautes
rémunérés, appelés aussi "amis actifs". L'Internaute peut comparer
et évaluer les avis donnés pour se faire une opinion sur un produit.
Le concept se répend de plus en plus. Les rubriques de Ciao touchent
pour l'instant les secteurs auto-moto, Informatique, services en
ligne, voyages, jeux, écoles et universités, loisirs et médias,
électronique et photos. La rémunération est fixée à 10 francs comme
cadeau de bienvenue, 5 francs par avis et 10 centimes à chaque lecture
de critique par un visiteur. Le parrain reçoit 10% du montant crédité
sur le compte de son filleul.
http://www.allpaidfor.com
http://www.ciao.fr
http://www.imandi.com
http://targetshop.com
Le surf rémunéré repose-t-il sur
un système pyramidal ?
On s'interroge...
La methode utilisée pour attirer le
maximum d'abonés à Médiabarre est basée sur un système de
parrainage. Chaque parrain peut recruter des filleuls qui
eux-mêmes pourront devenir à leur tour parrains, ainsi de
suite sur 4 générations. Les parrains perçoivent alors une
rémunération décroissante sur chacune des générations de filleuls
qu'ils ont engendrés.
A y regarder de près, ce système de
réunération et de recrutement de membres ressemble étrangement
à un système pyramidal, appelé "prestation à la boule de neige"
qui est illégal en France. Du point de vue de la loi, l'article
L.122-6 du Code de la Consommation interdit de proposer des
gains financiers en fonction d'une progression géométrique
du nombre de personnes recrutées. Les réseaux pyramidaux ont
été interdits pour protéger leurs adhérents qui, le plus souvent,
devaient de surcroit investir une mise de fond pour intégrer
le réseau.
Dans le cas de Médiabarre l'inscription
est gratuite, ce qui disculpe cette société d'exploiter de
façon ilélgale leur réseau d'abonnés. Néanmoins, pour que
les adhérents à Médiabarre puissent gagner de l'argent par
la publicité, ils faut qu'ils se connectent, donc qu'ils dépensent
de l'argent en communication. Ipso facto, il y a bien dépense,
donc mise de fond pour aspirer à recevoir une rémunération,
dont une commission sera réservée aux parrains. Heureusement,
Médiabarre ne fait pas croire à ses abonnés qu'ils vont faire
fortune. La société souhaite avant tout que ses abonnés remboursent
leurs frais téléphoniques, ce qui est tout à leur honneur.
Les parrains, eux, par contre, n'hésitent pas à faire miroiter
des sommes considérables, schémas de pyramides à l'appui...
A un point tel que des plaintes ont été déposées à la Direction
de la Répression des Fraudes.
|
Il est à noter que l'ensemble de ces compagnies
condamne bien évidemment le spam, cette fameuse tendance à Inonder
les boites aux lettres d'inconnus dans le seul but qu'ils deviennent
un jour des filleuls. La faible rémunération proposée ne peut logiquement
concerner que les jeunes internautes que l'appât du gain attire.
La perversité du système ne doit pas faire oublier qu'en amont les
factures de téléphones sont, elles, bien réelles. Devant l'intérêt
financier que suscitent ces offres, des "passionnés" ont conçu des
sites de propagande avec comparatifs et toutes les nouvelles offres
du marché. Il n'est pas rare d'y lire des slogans comme "si chacun
référence seulement 5 personnes, qui elles même référencent 5 personnes
etc, vous n'avez même plus besoin de travailler et plus vous avez
d'amis, plus vous devenez riche ". Ce discours est à rapprocher
des sociétés comme Herbalife ou Le Groupement, qui vantaient les
systèmes pyramidaux avant de connaitre de sérieux revers judiciaires.
En fin de compte, le surf rémunéré c'est beaucoup de tracasserie
pour pas grand chose, et ça ressemble surtout au miroir aux alouettes.
Le principe est parfait, mals la méthode laisse encore à désirer.
A réserver pour le moment à ceux qui ont du temps à perdre, ou qui
cherchent l'Eldorado.
| Les enfants surfent, les parents
trinquent
Fait inquiétant, les sites que nous avons
visités ventant les mérites du surf rémunéré sont dans leur
grande majorité créés par de jeunes particuliers. Cette methode
pour gagner de l'argent est "révoluionnaire, simple, et sans
pièges". Mais, jamais aucun d'entre eux ne fait référence
au coût des communications, directement liés aux rémunérations
perçues par les bannières de publicités vues. Alors, certes,
les jeunes internautes gagnent quelques francs de l'heure,
mais les parent, eux, reçoivent une facture de téléphone salée
! On se souviendra de l'ère de gloire du minitel où bon nombre
de parents ont du payer avec stupeur des factures de téléphones
pharaoniques parce que leur progéniture s'était amusée aux
jeux concours du 3615.
|
Par David Bénart
et Charles Dateau |