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SVMSciences et vie micro Mars 2000 (n°180)

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Non seulement, on nous donne l'accès à Internet gratuit, mais en plus on va nous payer pour surfer ! Coup de projecteur sur l'expérience Mediabarre

L'INTERNET DÉTOURNÉ DE sa vocation première : quelques années auront suffi pour que ce formidable outil de diffusion des connaissances devienne le support privilégié des publicitaires de tout poil. Leur problème, en fait, c'est l'étendue du réseau ! Difficile face à cette toile mondiale de toucher à coup sûr les bonnes personnes. Aussi, pour se constituer une base de données de prospects suffisamment fiable, capable de rentabiliser les investissements consentis, la mise en place de fournisseurs d'accès totalement gratuits est une solution intéressante. En échange de données concernant sa personnalité, ses goûts et ses centres d'intérêts, l'internaute bénéficie d'un accès à Internet au seul coût de sa communication téléphonique. Une étape vient d'être franchie en France pour qualifier encore un peu plus la valeur des fichiers de données à destination des annonceurs. C'est la société Mediabarre qui a ouvert le bal en proposant de rémunérer ses clients à leur temps passé sur le Net. Si dans le principe cette démarche n'est pas inintéressante - l'internaute choisit ou non de participer à cette aventure - la suite prévue semble plus soumise à caution. Par un système de parrainage chaque membre peut augmenter ses revenus en récupérant une commission de 20 % sur les gains de ses filleuls, 10 % sur les petits filleuls, puis 5 % et 2,5 % sur les générations suivantes. Après une série d'abus de la part d'internautes indélicats transformés pour l'occasion en '"spammers" en quête d'argent facile et qui valurent à Mediabarre son exclusion de son site d'hébergement, les choses semblent être rentrées dans l'ordre et le site à nouveau accessible. Mais pour combien de temps ? Car le problème subsiste. Même si de nouvelles clauses stipulent l'interdiction de parrainer en masse par l'intermédiaire de listes de diffusion ou groupes de discussion, le parrainage entraîne l'adoption d'un système dit "pyramidal" totalement interdit par la loi française. Reste aux pouvoirs publics à apprécier la situation car, dans les faits, seuls les annonceurs sont les payeurs. La Direction générale de la concurrence, de la consommation et de la répression des fraudes (DGCCRF) a été saisie du dossier à la demande de consommateurs en quête de précisions. Pourra t-on surfer sur Internet et en être gratifié ? La question reste en suspend. La constitution d'un système de rémunération pyramidal demeure interdite sur le territoire français. Seule différence avec le procédé classique, mais de poids : personne ne place d'argent dans ce système, hormis les annonceurs, tous volontaires pour participer à l'expérience. Le sujet n'est pas simple car si ce service est déclaré hors la loi en France, quid des offres identiques disponibles sur des sites étrangers ?

1. MEDIABARRE SE CONSTITUE UN FICHIER de prospect qualifiés et identifiés, qu'il utilise pour diffuser les informations des publicitaires. Les internautes ainsi contactés sont rémunérés au nombre d'annonces vues.

 

2. MOYENNANT LE TÉLÉCHARGEMENT et la mise en place dans son navigateur de l'utilitaire "Mediabarre" et après s'être parfaitement identifié auprès du serveur, l'internaute reçoit toutes les 30 secondes un message publicitaire sur sa "Mediabarre", en échange de 5 centimes par bandeau lu. Ainsi, au fil des messages et en une heure, c'est la coquette somme de 6 francs que notre joyeux surfeur peut engranger.

Moyennant le téléchargement...

3. GRÂCE AU SYSTÈME DE PARRAINAGE, chaque internaute référencé chez Mediabarre peut vanter les avantages du service auprès de connaissances qui, si elles acceptent aussi de devenir des clients, rapportent un pourcentage sur leur temps de navigation sur le Web..

Grâce au système de parrainage...

4. DÉFAUT PRINCIPAL DU PRINCIPE de la rémunération par le parrainage, les "spammers". Attirés par des gains potentiels conséquents, ils n'hésitent pas à diffuser l'information dans des groupes de discussion. De nombreux utilisateurs, se retrouvant noyés par une série de messages non sollicités, se retournent vers leurs fournisseurs en demandant des explications.

Défaut principal du principe

Texte et infographies Guy Terrier